Chroniques Bengalies

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Gaston Dayanand
 
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No 12 - Septembre 2001
 
Quel mois!

Impossible d'évoquer désormais septembre 2001 sans avoir devant soi la vision des actes terroristes qui ont endeuillé l'Amérique et l'humanité.

L'Inde y a été particulièrement sensible. Tout d'abord à cause des 300 Indiens ensevelis sous les ruines du
 
            WTC de New York
 
Et ensuite parce que depuis six ans, le terrorisme du Cachemire a fait plus de 15.000 morts, alors que l'Inde avait vainement supplié la communauté internationale de commencer une lutte sérieuse contre le terrorisme avant qu'il ne soit trop tard. Mais c'était l'indifférence générale.

L'Occident s'est réveillé, blessé et ulcéré, se sentant aussi vulnérable que les plus pauvres du monde.

Rien ne pourra justifier ces actes de barbarie, mais il est triste de devoir dire - car si on fait silence à ce sujet, comme le dit Jésus 'les pierres elles-mêmes crieront' - qu'il fallait que la seule superpuissance du monde sente ce que veut dire souffrir dans sa chair même pour comprendre que cette violence absurde n'est que la fille légitime du culte du colt au service de l'exploitation inhumaine par le fer, la bombe, la torture ou le napalm, pratiqué sans états d'âme durant le viol de l'Indochine, l'écrasement du Vietnam, la terreur en Algérie, l'injuste bombardement de l'Irak, et tous les génocides encouragés (pour ne pas dire organisés) par nos démocraties, dont sont indirectement responsables nos usines d'armement.

Mais d'autres sont prêts à payer pour les fanatiques d'Afghanistan, du Pakistan ou d'ailleurs, car nos vengeances sont faites de haine.

J'arrête là, car on accuse cette modeste et terre-à-terre Chronique de devenir politique. Mais que l'on ne se trompe pas: nos moindres gestes quotidiens ont une portée politique, et nos mépris si fréquents des autres, ou plutôt de l'autre parce qu'il est 'autre', ont une portée morale qui touche chacun dans ses suffisances. Nos regards peuvent devenir aussi tueurs que ceux d'un terroriste, si nous ne les contrôlons pas. Et faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour que l'opération – infinie justice – ne devienne pas 'infinie injustice'.

Mais revenons au Bengale. Beaucoup me demandent avec inquiétude ce qui se passe à Bélari. On peut, bien sûr, répondre tranquillement: 'rien de grave', car tout est calme, étrangement calme en fait. Et le travail se poursuit. On peut même dire qu'il s'améliore, puisqu'un certain nombre de travailleurs ont réalisé que, s'ils n'y mettaient pas du leur, ABC risquait de s'écrouler.

En réalité, les pressions politiques se font de plus en plus fortes, et il semble que les réunions des différents groupes politiques d'extrême droite avec certains travailleurs se multiplient. Quant à Sukeshi, elle commence à remonter la pente du découragement. Son dynamisme naturel reprend le dessus.

Nous avons eu la joie de voir arriver tout début septembre Barbara et Fabien, deux jeunes Suisses envoyés par l'Association Voyage-Partage de Fribourg. Ils se sont mis tous deux à la disposition du Centre, et maintenant ils s'occupent des enfants les plus retardés avec amour et compétence. A la grande satisfaction de tous, ils resteront quelques mois.

Septembre a vu aussi le premier camp de détection des maladies des yeux. Plus de 200 malades se sont présentés. Ce fut organisé par Papou, fils de Sukeshi, bien qu'il vienne de commencer le collège et se lance parallèlement dans le secteur de l'informatique.

Comme je l'ai signalé précédemment, un accord a été passé avec un hôpital de pointe de Kolkata pour des opérations gratuites de nos malades. Trois jours après, nous avons véhiculé trente personnes qui se sont fait opérer à l'autre bout de Kolkata. Deux gars pour les hommes et deux filles pour les femmes les ont gardés la nuit, et les ont ramenés le matin à Bélari.

Le 20 septembre, 30 autres malades pourront être traités. Tous les deux mois, des camps semblables seront organisés. De nombreux aveugles ont d'ores et déjà recouvré la vue, car il ne s'agit pas seulement de cataractes.

Ainsi, après les orphelins, les handicapés physiques, mentaux, puis les sourds-muets, ABC boucle le cycle de son planning avec les handicapés de la vue.

Et puis il y eut encore, la semaine dernière, ces deux petits événements qui sont venus nous réchauffer le cœur, nous montrant que les difficultés actuelles ne font pas le poids devant la vie.

On nous a amené jeudi deux petits de cinq et sept ans, qui n'avaient plus de père depuis six mois, car il avait la tuberculose et la mère était aveugle. Les deux petits mendiaient le long des routes, pendant que les voisins s'occupaient de la maman, qui est décédée il y a huit jours. Aucune famille! Donc me voici à nouveau doté de nouveaux petits-enfants.

Et vendredi, Lucy-Sabitri, après l'entrevue orageuse dont je vous parlerai plus loin avec SSS, m'a emmené voir une fille dans le slum de Pilkhana. Une grande chambre dans un infâme soubassement d'immeuble. Trois familles, dont huit filles entre 13 et 25 ans, y croupissent. On me montre une petite de 17 ans, maigre à faire peur, aux poignets et mollets couverts de plaies.

Etant malade mentale depuis la mort de son père il y cinq ans, elle a commencé à avoir des crises de démence depuis dix jours. Nous l'avons embarquée à Bélari. Aux dernières nouvelles, elle s'est calmée. Une des anciennes malades mentales est tout à fait guérie, et depuis cinq jours elle est au service des enfants de ABC.

L'hôpital psychiatrique qui travaille pour nos malades, lors de sa réunion annuelle, a fait savoir: 'Nous suivons des centaines de cas dans des dizaines de cliniques privées de Kolkata et d'ailleurs, mais D.A.D. (Dominique Ashadip – Lumière d'espérance) à Bélari est le seul Centre à pouvoir guérir des malades mentaux en moins de deux mois.' La recette: vie de famille, de l'amour, encore de l'amour, de la compréhension, surtout durant les premiers jours de crise, le tout saupoudré d'une légère médication enveloppée dans de l'amour.

Il y a dix jours, on a fêté une grande fête hindoue – la Vishwakarma-pouja. Chaque usine ou atelier au Bengale a sa statue du Dieu, et nos enfants et le personnel ont voulu en faire une cette année. La statue a été ensuite menée en procession le long des quatre kilomètres de route jusqu'à ICOD, où elle a été remise solennellement à l'eau dans l'étang. Des centaines de voisines étaient présentes avec leurs enfants. On a eu aussi l'occasion de soulever un filet de pêche témoin. Et c'est avec stupéfaction que nous vîmes apparaître des centaines de poissons de 30 cm environ. C'étaient les alevins que nous avions déposés en août, et qui étaient alors de la taille du petit doigt. Pas étonnant qu'ils fassent entre un et deux kilos l'an prochain. Ce fut un beau jour car c'était notre première rencontre à ICOD.

Grand fut en revanche notre désenchantement trois jours plus tard d'apprendre que les travailleurs journaliers y cessaient le travail pour protester. Contre quoi? La réponse vint un jour après hier, 1er octobre où j'appris que le Député local, poussé par notre Président, voulait me rencontrer pour discuter de l'avenir de cet ICOD-Ashram. Le problème est donc politique une fois de plus. C'est qu'entre temps, il avait reçu une lettre cinglante des Lapierre, signalant que si BPBS empêchait Sukeshi de travailler, ils allaient couper tous les fonds. C'était leur mesure de rétorsion.

Mais il y a encore bien des lumières au tableau général.

Le 10 septembre, je suis allé aux Sundarbans, dans les îles qui constituent le
 
 Delta du Gange
 
A Jhorkhali plus précisément, en bordure des jungles à tigres, là même où j'avais travaillé depuis 1981, dans le sillage des cyclones tueurs. Il y avait eu 320 morts dans ce village, et SSS y avait intensément travaillé durant 15 ans, transformant la région et le paysage – des centaines de puits tubés, dont certains creusés à 550 mètres de profondeur, sur 15 îles, quatre villages complètement créés sur ce qui est alors un désert salin et qui maintenant est rizières verdoyantes, parsemées d'arbres fruitiers et de cocotiers pimpants, entrecoupées de petits étangs piscicoles. 10.000 familles vivent ici, et leur reconnaissance fait plaisir à voir.
 
                Un Abri Anticyclone
 
futuriste y avait été construit, pouvant abriter 3.000 réfugiés en cas de cyclone. Mais hélas, depuis sept ans, de lamentables affaires internes ont donné au parti politique léniniste l'occasion d'intervenir et de mettre les scellés sur le bâtiment, empêchant tout travail et tout usage! SSS, sans gouvernail, a laissé faire les choses. Et ce n'est que depuis quelques mois que j'ai pu persuader le Comité SSS de proposer le Centre à SHIS. A mon grand soulagement, SSS a accepté, et ce 10 septembre, devant le Président et Secrétaire de SSS, le Député local et le chef du parti révolutionnaire RSP nous ont remis les clefs. Notre ami Wohab, fondateur et directeur de SHIS était très content.

Dans la foulée, on nous a amenés au cœur administratif des quatre villages où hommage a été rendu à l'extraordinaire travail réalisé par SSS depuis vingt ans. Cette reconnaissance, si tardive soit-elle, était nécessaire pour tous ces travailleurs sociaux de SSS qui avaient donné le meilleur d'eux-mêmes dans les pires conditions pour l'amélioration des conditions de vie de ces insulaires. On trouvera dans mon futur bouquin le déroulement de cette épopée, où nombre d'entre vous retrouveront les noms connus de Badel, Sukeshi, Sandhya, Blandina, Dadou, Wohab, Kamruddin et bien d'autres.

Le 20 octobre, ce sera l'inauguration du nouvel hôpital SHIS démarré dans cet abri.

Le 19 septembre, retour à SHIS. Grande réunion publique pour accueillir trois ministres, un groupe d'élus et des personnages venus inaugurer une nouvelle phase des relations entre Gouvernement et ONG à l'occasion d'une traduction en bengali d'une brochure de l'OMS.

Cela m'a donné l'occasion de faire passer quelques messages, car j'ai insisté dans mon discours en bengali sur la nécessité pour le gouvernement de descendre de son piédestal et de collaborer avec les ONG. Et aussi de cesser d'y introduire le jeu politique – j'ai cité Bélari et Jhorkhali. Enfin j'ai pu rappeler à la kyrielle d'ONG présentes qu'elles devaient veiller à ne pas utiliser ces mêmes méthodes.

Il paraît que ça n'a pas plu à tout le monde. Mais le Ministre agraire m'a dit: 'Vous êtes comme notre père', et celui de la santé: 'Je vous remercie au nom du Gouvernement pour tout ce que vous avez fait pour notre peuple depuis 30 ans.' Enfin, celui des Sundarbans a avoué dans son discours: 'Comme l'a dit votre conseiller, nous n'avons pas toujours fait notre travail depuis 25 ans, mais cela va changer, c'est une promesse.'

Tout cela est bon à prendre, non pas parce que ce sont des louanges, mais parce que c'est une reconnaissance officielle que les Organisations de Développement contribuent bien, elles aussi, au changement de la société.

Le lendemain à 8h du matin, réunion avec tous les travailleurs de SHIS - il y en a actuellement 1.005 - ou plus exactement avec les responsables des 66 départements de l'Organisation fondée en 1981. Il s'agit de définir les priorités. Intéressant et productif. Je suis en admiration devant
 
  Sabitri Présidente
 
et co-fondatrice, qui, venant au secours de mes quelques mots, dirige et conduit les débats, donnant à chacun l'occasion de parler. De nombreuses travailleuses musulmanes portent le voile (elles ne le portaient pas il y a six ans), et elles ont des responsabilités de tout premier plan.

Ce qui ne les empêche pas de faire comme les autres dix ou vingt kilomètres par jour à bicyclette pour rejoindre les villages où elles sont affectées. J'apprécie que les ONG sachent aussi bien partager les responsabilités et les décisions, beaucoup de rires et de plaisanteries aussi. Et même un chant. On me demande de donner mon avis et de faire des propositions. Je ne pourrais rien ajouter à cette organisation qui marche si bien. J'insiste cependant sur la priorité à accorder aux plus pauvres et rejetés, ainsi que sur l'approfondissement de la source de leur action à tous, en Dieu, Allah ou Vishnou.

Il est alors temps de partir pour Howrah pour la réunion au CIPODA. Enfin, nous tenons notre nouveau coordinateur, après un an et demi de recherche. Un homme de bonne volonté, ancien directeur, ne connaissant rien aux ONG et de ce fait même, ne pouvant pontifier comme tant d'autres. Simple, sympa, abordable, discret. Et efficace semble-t-il. Tant mieux, car sans lui notre CIPODA battait de l'aile, n'ayant pour le faire tourner qu'un simple, bien que remarquable, travailleur de base et trois fondateurs de grosses ONG, si pris par leurs responsabilités, qu'ils ne pouvaient guère donner plus que quelques heures le vendredi. Ceci devenait pour moi une espèce de marathon, m'obligeant à coordonner 'l'incoordonnable' – c'est-à-dire à étudier les dossiers de dizaines d'Organisations voulant nous rejoindre et surtout bénéficier d'une aide quelconque, alors même que là n'était pas notre but.

Et il fallait encore nous concentrer sur les quelques 25 Organisations que nous aidions, au grand dam des 140 autres qui ne comprenaient pas nos critères. A juste titre, car nous n'avions guère le temps de les expliquer. Mais comme nous n'utilisons que l'argent indien et non étranger pour aider, impossible de faire plus. Alors, pour se consoler de ce quasi-échec administratif, mes collègues me demandaient de leur parler de l'esprit du projet, du but, des moyens.

On m'appelle au milieu de la séance pour me signaler qu'à 16 h il y a réunion générale et finale du Comité de SSS avec tous les travailleurs. Et me voilà allant rapidement à Pilkhana, persuadé que c'était le jour promis par les travailleurs de SSS licenciés pour dénoncer 'le' responsable.

Je me trouve devant un Président au bord de la crise de nerfs et secouant le chef en disant d'une voix découragée: 'Jamais je n'aurais accepté d'être élu si j'avais su que ce serait sous mon mandat que SSS devait fermer'.

Car les donateurs français ont écrit la lettre définitive: 'Les derniers salaires seront payés en octobre et ensuite tout sera fermé, et les 120 travailleurs recevront une première compensation'. 36 ans de travail efficace s'effondrent ainsi lamentablement, à cause d'un groupe de syndicalistes qui, en faisant de la surenchère, ont découragé les donateurs indiens et étrangers.

Fin peu glorieuse s'il en est. On ne s'attendait bien sûr pas à ce que les travailleurs fassent la fête, mais en tous cas, ils ont fait sa fête au Président – insultes, injures, moqueries, menaces!

Je suis alors intervenu, interpellant les travailleurs. Après des paroles très dures de leur part, après avoir écouté leurs griefs, éclairci certains malentendus, la situation s'est quelque peu calmée. Ils m'ont demandé de les aider à trouver une solution – mais j'ai dû partir, car la journée n'était pas encore terminée.

A 18 h j'avais rendez-vous avec Marcus, plongé dans une déconfiture totale. Pourtant, je l'ai trouvé à son bureau dans le slum de Tikiapara, au milieu de ses enfants des rues au travail, plutôt dans une inconsciente sérénité. Car son Organisation HELGO s'effondre elle aussi et il ne s'en rendait pas compte. Pourtant, il avait perdu la confiance de ses donateurs allemands. Marcus, 37 ans, aborigène de la tribu Oraon du Bihar, est avec moi depuis 17 ans. Il a travaillé comme postulant, comme 'homme de main' dans un atelier de fonderie, avec trois jours de congés par an. Il a fait aussi deux ans dans un dispensaire.

Enfin, il a rejoint les enfants des rues des slums. Dès six ans, ceux-ci travaillent dans de véritables bagnes. Les filles, sont servantes. Tous sont alors exposés à toutes les exploitations, même sexuelles. Certes, la loi indienne interdit depuis longtemps le travail des enfants. Périodiquement, la police les renvoie chez eux. Et tout aussi périodiquement, elle reçoit de l'argent pour les faire revenir. Car les patrons ont besoin de petites mains, payées au lance-pierre.

Alors, petit à petit, Marcus s'est assis avec eux sur le trottoir, a visité leurs familles, les a amenés au dispensaire, bref, s'est occupé d'eux. Puis il a monté une petite organisation. Depuis six ans, il a 100 gars en internat et 900 enfants scolarisés. Plus des petits dispensaires, des centres d'apprentissage de couture et d'ordinateurs. Une organisation florissante s'il en est, car Marcus, en plus d'un charisme relationnel extraordinaire, est un leader-né. Il a fait sa profession au Prado en 1993 et est connu comme Frère. Il est apprécié par tous, les pauvres comme les riches. Mais voilà qu'il réalise enfin ce que j'avais souvent pressenti – il n'est pas un administrateur. De plus, il n'est quasi jamais allé à l'école. Du coup, ses donateurs allemands découvrent que ses comptes sont plutôt fantaisistes et ses éclaircissements peu clairs. Et depuis un an lui et son comité vivent une période de grandes difficultés. Son comité le soutient entièrement.

Les Allemands m'ont demandé d'intervenir. D'accord, mais mes conseils et avertissements étant tombés dans les oreilles de sourds, je ne voyais plus comment aider. Bien sûr, pour lui c'est dur et il a de la peine à accepter. Mais il y a la loi, et il faut jouer le jeu. Une chirurgie temporaire est nécessaire. Si on ne veut pas que tout s'effondre. A suivre encore, mais au moins, ma journée était terminée.

Pour conclure cette Chronique, il me reste à mentionner brièvement quelques événements.UBA a organisé sa rencontre annuelle à 'La Cité de la Joie' de Kamruddin à dix kilomètres de Howrah. Plus de 1.000 personnes étaient présentes, dont 500 jeunes filles des Centres de couture. Une vingtaine de machines à coudre ont été données aux plus méritantes. De nombreux élus et personnalités musulmanes étaient présents, et je dois dire que l'ami Kamruddin s'est dépassé dans l'organisation. On a terminé la journée en réfléchissant sur la suite des actions et la modification de certaines d'entre elles.

La visite surprise des Lapierre en début septembre, venus en Inde lancer la version anglaise de leur dernier livre sur la tragédie de Bhopal, a permis à toutes les ONG qu'ils aident de faire le point. Plus de 30 millions de roupies sont ainsi répartis par ces plus que généreux bienfaiteurs que chacun ici considère comme leur grand frère et leur grande sœur, tellement est grande leur simplicité avec tous. Je dois dire que moi-même suis chaque fois surpris de voir comment ils se rappellent les noms des travailleurs. Ici, cette attitude touche profondément, et cela engendre une gratitude que seuls les dons ne pourraient expliquer. Merci donc aux deux Dominique pour leur simplicité, leur présence et la confiance qu'ils nous font dans la gestion de leurs fonds.

Je puis terminer en signalant que le jeune homme s'est vu enfin greffer un rein ce jour 3 octobre, après six mois d'une pénible attente. Je parlerai de lui dans la prochaine Chronique.

Très fraternellement 
                            Gaston DAYANAND

 

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