No 14 - Novembre 2001
L'hiver est arrivé. Pour moi seulement. Pour tous, ce sera le 26 novembre. Et c'est le temps des moissons, qui se font cette année en chantant, car elles sont belles. A ICOD, malgré tous les pépins politiques, la récolte a pu se faire. Déjà deux tonnes de bon riz engrangé, ce qui renfloue un peu la caisse de ABC.
Le 1er novembre, on fête le jour des morts en célébrant ceux et celles qui, pour le monde, sont quasi morts, car 'inutiles' – les handicapés de tous genres.
ABC fonde à Amragori, à 54 kilomètres, un nouveau Sous-Centre. C'est un village à deux kilomètres de Jhikhira, là même où à partir de 1978, j'ai travaillé près de dix ans, et où Sukeshi avait soigné plus de 800.000 malades avec son équipe de filles des villages.
Aujourd'hui, c'est un 'camp d'identification'. Plusieurs centaines d'infirmes physiques et mentaux sont là, aussi de nombreux aveugles. Certains, surtout des cas d'IMC à multiples paralysies et handicaps, sont terribles à voir. Ils sont posés sur le dos par leur pauvre maman pleine d'espérance, se débattant en tous sens en bavant et parfois hurlant. On ne peut pas savoir ce qu'ils ressentent ou expriment. Il est émouvant de voir avec quel amour les mamans, grandes sœurs, voire papas entourent ces jeunes, qui ont parfois 18 ou 20 ans.
C'est pour moi l'amour absolu, car la dose de souffrance quotidienne qui sous-tend les soins permanents, nuit et jour, dans des huttes écroulées et sans même l'assurance d'un repas par jour, avec comme perspective un avenir totalement bouché, est bouleversante. Les larmes viennent aux yeux, car c'est la contemplation de l'Innocent souffrant qui touche des millions d'êtres humains à travers le monde, et même des animaux, ces frères silencieux dont les souffrances multiples telles que vivisection ou abattage inhumain font aussi partie de l'amour bafoué.
Je n'ai malheureusement pas pu rester longtemps ce jour-là, mais j'étais avec eux et les quelque trois cents personnes qui ont été examinées – qui pour l'admission à ABC, qui pour une opération immédiate, qui pour des orthoprothèses qui pour le Centre des handicapés mentaux, qui pour la physiothérapie.
Le douloureux, c'est que pour un grand nombre rien ne pouvait être fait. Quand, mais quand donc pourrons-nous nous occuper des grands IMC, des aveugles, ou procurer formation ou travail aux plus âgés, refusés de partout de par leur handicap même? Oui, je sais, on me le serine tellement, on ne peut pas s'occuper de tout le monde, et on n'est finalement pas responsable de tous les maux de l'humanité ni appelé à les résoudre tous.
Mais quand j'entends nos filles me demander de faire quelque chose pour celui-ci ou celle-là, alors qu'elles savent parfaitement qu'on ne peut pratiquement rien, dois-je faire la sourde oreille, ou plutôt me réjouir de ce que leur cœur est tourné vers le malheur des autres? Car cela, c'est la source même de ma joie et de mon bonheur.
Ce qui reste donc à faire, c'est essayer, et accepter de ne pas pouvoir plus, si on a tout tenté. Sinon, nous ne sommes que des hypocrites, satisfaits du minimum que nous avons fait.
3 Novembre – enfin le jour attendu depuis six mois de la greffe de reins de notre jeune ami Alokesh, que la générosité de plusieurs d'entre vous a permis de payer. Opération réussie, car en cette fin de mois, il est rentré à la maison et commence à récupérer, même si sa tuberculose pulmonaire, attrapée à l'hôpital, le laisse encore bien faible.
4 Novembre – les 60 ans de mon jeune frère Ephrem. Je dois me contenter de téléphoner. Ephrem m'a rejoint il y a 14 ans, je crois. On a vécu avec lui et Marcus dans la petite chambre d'une famille hindouiste durant trois ans, pour le 'noviciat.'
Ephrem à été tout de suite nommé Préfet (ou Principal) d'une école. Il y a cinq ans, il a démissionné pour fonder lui-même une école primaire dans un des plus pauvres quartiers suburbains de Howrah. Il a maintenant huit classes avec une dizaine de professeurs – dont la fille de mon voisin de Pilkhana.
 Son père Krishna est un des modèles du tireur de
Rickshaw
de la 'Cité de la Joie' de Dominique Lapierre, Hasari Pal, le vrai héros du livre.
Dans les classes d'Ephrem, il doit y avoir 600 ou 700 enfants garçons et filles, dont nombre d'aborigènes. Le taux de réussite, surtout chez les grandes filles, est très supérieur à la moyenne du Bengale. Aussi, cette année, Ephrem a-t-il reçu un prix d'excellence lors d'un concours organisé par le plus grand journal de Kolkata. Appelé par tous 'le frère qui rigole', il est tout simple et fort apprécié. Maintenant que son école marche bien, il est en train de se tourner vers l'alphabétisation de tous les gosses des slums qui longent la voie ferrée. Sous forme de cours du soir. Il aura fort à faire, car ils sont des milliers.
6 Novembre – on m'embarque pour Rajivpur, un village pittoresque à une quinzaine de kilomètres de Bélari. Chemin qu'on terminera en charrette, car les sentiers sinueux et en ornières sont impraticables.
Dans cette grande école qui est le premier collège de jeunes filles du sud de Howrah, fondé en 1937, une centaine de personnes attendent l'Hôte d'honneur qui doit ouvrir la 'Semaine de responsabilité des femmes', ainsi que l'Hôte spécial: Sukeshi.
Une trentaine de jeunes filles vont y recevoir l'enseignement nécessaire pour comprendre leurs droits élémentaires. J'en connais plusieurs, car elles sont responsables des quelque dix 'Comités des femmes', démarrés depuis Bélari par Sukeshi il y a huit ans, et que nous soutenons.
Cinq professeurs de Collège ou d'Université sont présents aujourd'hui et se relayeront pendant huit jours. L'un d'entre eux explique les débuts laborieux de l'école. Il en a été un des membres fondateurs. Il a plus de 80 ans. J'y vais de mon petit discours, enfonçant avec force le clou de la nécessité pour les femmes de prendre non seulement leur destinée en mains, mais celle de leur village: 'Sans femmes engagées, pas de vrai développement; sans elles pas non plus de vraie compassion; sans elles enfin, le développement se dessèche, et devient administratif.' Et je conclus sur une péroraison qui n'a, paraît-il, pas été appréciée de tous: 'Messieurs, méfiez-vous cependant, car si d'aventure vous acceptez de donner des responsabilités à des femmes charismatiques ou leaders, un jour viendra où certains de vous, le regrettant, feront tout pour diminuer leur influence et les chasser! Mais ce sera alors bien trop tard, car ayant réussi à percer la carapace multimillénaire du patriarcat de droit divin, elles ne reviendront pas en arrière.'
Après avoir entendu pendant une heure la première partie de l'exposé passionnant d'un professeur, relatant dans l'Histoire du Bengale la lente et incomplète conquête des droits féminins, nous avons pris le chemin du retour. Excellente journée qui renouvelle notre espérance dans l'évolution de la société par la base.
Quand on dit qu'en Inde les femmes sont arriérées, je souris doucement, car bien que comme ailleurs dans le monde, les hommes aient tout fait pour conserver intacts leurs droits ou 'machismo', même dans les slums ou nos campagnes encore au néolithique, j'ai eu la chance de côtoyer des femmes exceptionnelles qui ont non seulement compris leurs droits, mais aussi leurs responsabilités. Elles se sont chargées de changer leurs milieux elles-mêmes en prenant la direction des opérations.
Je pense particulièrement à celles d'entre elles que beaucoup d'entre vous connaissez et qui sont toutes, sans exception, sorties de nos rangs.
- Lucy-Didi, l'Assistante sociale de Pilkhana depuis 34 ans; Sabitri Pal, Présidente et co-fondatrice de SHIS,
- Noorjahan, femme de Kamruddin, Fondatrice de 'l'Organisation des Sœurs Unies',
- Blandina, infirmière adibassie, Fondatrice des dispensaires de SHIS, à Chowani et Bankura dès 1980,
- Shondha-Sandhya, enseignante principale des écoles rurales d'infirmières aux pieds nus dès 1983,
- Agnès, grande polio, Ex-Présidente de HSP et Alina, Secrétaire et Présidente depuis des années de cette même grosse ONG,
- Aloka, Créatrice d'une école dans les Sundarbans et Secrétaire de son Association depuis 1985,
- Mina, Fondatrice de dix écoles du soir à l'âge de 18 ans et du nouveau Centre des handicapés 'La touche du Lotus',
- enfin Sukeshi, Fondatrice des dispensaires de Jhikhira en 1978 et de Bélari en 1986, ainsi que de pratiquement tous les projets actuels, et qui est aujourd'hui Secrétaire de ABC devenu totalement indépendant.
Et tant d'autres encore, chrétiennes, musulmanes, hindoues, lettrées ou analphabètes, de haute ou basse caste, et même des intouchables.
Et je pense avec émotion à ce 'Mouvement révolutionnaire des femmes afghanes' qui font aujourd'hui l'actualité par leurs luttes incessantes pour les plus simples de leurs droits, et ce depuis 1976, avec sans cesse menaces de prison, tortures, voire assassinats. Quelle dignité que leurs démarches! Quelle merveille que leur indépendance!
Le 10 novembre, ce sont aux '25 ans de Howrah South Point' que nous sommes conviés. Nous y allons à 12 de Bélari. C'est au Cœur de Howrah. HSP a été fondé par le Père Laborde, du Prado, lorsqu'il avait été forcé de quitter SSS, en 1973.
Pendant quelques années, il accueillit dans son presbytère des handicapés, et petit à petit une grande ONG a vu le jour, dirigée par des responsables, surtout des filles, de toutes religions. Elle a maintenant plus de 250 travailleurs, et s'occupe, dans de nombreux Centres, de centaines de handicapés, dont des dizaines de très gros IMC. Elle a aussi plusieurs dispensaires, des écoles, des Centres de relogement – et a maintenant pignon sur rue avec la dizaine de milliers de bénéficiaires annuels de ses services.
La fête fut extraordinaire, et je peux dire que c'est la plus émouvante que j'aie connu en trente ans. Mettre des infirmes en scène est toujours délicat, et parfois même tout à fait déplacé. Mais la joie qui rayonnait en tous ces visages, parfois difformes, la beauté esthétique des scènes, le ton juste des commentaires, tout cela a contribué à ce que le nombreux public perçoive avec émotion l'esprit de l'Organisation, et comprenne que le handicapé, classé dans la catégorie des non-personnes, qu'il est maintenant de bon ton de prendre en pitié, est non seulement une personne à part entière, mais encore un modèle d'être humain, de par son courage, sa ténacité, sa joie de vivre, son sens des autres.
Sans oublier les questions qu'ils nous posent de par le fait même de leur apparente inutilité: Pourquoi sont-ils parmi nous? Quel est le sens de leur vie? Et enfin: si cela arrivait dans ma famille ou m'arrivait à moi? De quoi réfléchir longuement.  Le 15 novembre, c'est la fête de Kali-la-Noire, la
Fête des lumières
Chaque maison, chaque hutte est alors ornée de centaines, parfois de milliers, de petits lumignons ou de lampes à huile, rappelant dans la nuit la plus noire, celle de Shiva, que la belle Dourga, sa parèdre, peut se transformer en la redoutable Kali, à la longue langue rouge et portant, avec son collier de crânes, quatre têtes coupées dans ses quatre mains.
Notons qu'en dehors de son aspect le plus terrifiant, où elle apparaît avec deux bras et la bouche pleine de chaire humaine, c'est la très douce Mère, dont la  langue ne se tire qu'en signe de honte (c'est effectivement le signe de la gêne au Bengale) de devoir piétiner son mari Shiva pour expulser les démons du Mal sous toutes ses formes.
Kali la Noire
Partout, elle est aimée ainsi, et Ramakrishna a rendu son culte si populaire, que pas une famille n'ignore son image, décorée d'hibiscus couleur de sang, et chacun la considère comme la douce protectrice du foyer. Alors que les grandes fêtes de Dourga ne voyaient qu'une statue par quartier ou village, aujourd'hui il y en a vingt fois plus.
Cette nuit je suis allé, accompagné de toute la famille hindouiste où je suis demeuré quelques jours, faire le tour des différentes statues de leur village, richement décorées. Les enfants étaient aux anges, surtout bien sûr mes deux petites 'nièces' de 10 et 13 ans, que leur grand-père m'avait confiées officiellement en semi-adoption. Soirée magnifique, au milieu des pétards, fusées, feux de Bengale (spécialement créés il y a des siècles pour cette occasion) et autres jeux de lumières, dont deux hautes tours tremblotantes de mille ampoules multicolores et s'embrasant au contact d'un avion noir d'encre, symbolisant l'attentat de New York.
Œuvre du Mal, à n'en pas douter! Personne ne devait dormir cette nuit-là, car toutes les maisons devaient garder portes et fenêtres ouvertes à la Déesse, celle de la prospérité Saraswati, pour entrer et bénir chacun. Il est curieux que, dans les familles notoirement marxistes, toutes les coutumes se conservent. Mais il est vrai qu'en comparaison de celles de certains voisins, leurs festivités sont bien réduites, car aucun prêtre ne vient officier chez eux.
Le 16 novembre, c'est la Fête des Frères, où chaque sœur offre à son frère aîné, en une touchante cérémonie reprise même par les chrétiens, les gages qui lui permettront d'être protégé quoiqu'il arrive. Avec des fleurs, de la pâte de santal et du vermillon, on m'applique le troisième œil entre les sourcils, sur le milieu du front, et on me fait cadeau d'un magnifique 'Kamiz-pajama' brodé (une longue chemise flottante avec un pantalon flottant blanc).
Cette année, exceptionnellement, je ne suis pas à Bélari où tous les enfants et responsables m'attendaient pour la cérémonie. Mais ayant dû changer mon programme à l'appel urgent de mon vieil ami marxiste de 78 ans, je suis resté chez lui et sa famille.
Le 17 novembre, je suis dans la famille musulmane d'Asha, pour fêter le dernier jour avant le Ramadan. Autre religion, autres coutumes.
En les quittant, je suis quasi kidnappé par un groupe d'une douzaine de musulmans qui veulent me parler. Et lorsque Papou, passant par hasard sur sa moto m'aperçoit, il y a déjà près de deux heures que je suis avec eux, sirotant thé sur thé. Comme il fait nuit noire et déjà froid, il leur reproche de ne pas m'avoir lâché auparavant. Et ils s'excusent. Mais pour moi, ça aurait pu encore durer deux heures que je ne l'aurais pas regretté. Car on a même longuement parlé de l'Afghanistan et des civilisations chrétiennes et islamiques. Ce qui m'a donné l'occasion de leur dire ma conviction. Je ne connais qu'une seule 'civilisation supérieure', c'est celle qui nous pousse à comprendre les autres. Mais laquelle vraiment a le droit à ce titre?
Comme je me sens à l'aise et comme chez moi, parmi tous ces croyants qui croient et prient de façon différente de moi! Mais ne sont-ce pas surtout les rites qui diffèrent, et bien sûr les dogmes? Car appeler Dieu Allah ou Mère, n'est-ce pas parfois le même cri de besoin ou d'amour que quand je murmure Notre Père, le mien et le leur, le Nôtre? Et, en osant aller plus loin, la même prière que celui ou celle qui ne croit pas ou plus en Dieu l'appelle en son cœur sans le savoir? Et Christ, en son incarnation, n'a-t-il pas posé les jalons – et l'étalon – de ma présence ici, qui est d'être présent à tous?
Et lorsque le 26 novembre, quelque 20.000 catholiques se rassemblent pour fêter le Christ-Roi en une longue procession à travers les rues de Kolkata, entre deux haies de spectateurs hindous, musulmans, Sikhs, Bouddhistes, Jains et Parsis, n'est-ce pas pour moi l'occasion de participer ouvertement à la louange que notre Communauté, l'Eglise, veut offrir à la Trinité?
Le 20 novembre, c'était le jour où je devais, avec SHIS, ouvrir le nouvel hôpital de Jhorkhali dans les Sundarbans. Las! On refusa la veille la permission à Wohab d'accéder à l'Abri anticyclone, le parti politique local insistant énergiquement. On en est là.
Le 28 novembre, ABC a encore organisé, avec l'aide de Bélari PBS, un Camp de détection des maladies oculaires. Un nouvel hôpital s'était offert, cette fois situé dans le grand sud de Kolkata. Parmi 200 malades, 75 furent opérés quelques jours plus tard, ce qui porte à 145 le nombre des opérés en ces trois derniers mois.
Le 24 novembre enfin, ce fut l'inauguration tant attendue de l'atelier orthopédique. Une ONG indienne de Bangalore Mobility India nous fabrique depuis un an gratuitement des orthèses et prothèses modulées, technologie cent pour cent indienne et dérivée du 'Pied de Jaipur'. C'est presque une première au Bengale. Légères et articulées, elles permettent aux infirmes de s'asseoir à terre, en contraste avec les anciennes, en acier, lourdes et disgracieuses. C'est sûr, elles reviennent cher. Plus de 70 €, ce qui pour nous est une grosse somme. Environ 80 de nos enfants en ont déjà reçu.
Mais avec l'ouverture de cet atelier, c'est ici même que se feront les réparations, avantage indiscutable. Et puis, deux jeunes, un garçon et une fille, ici sélectionnés, iront faire un apprentissage d'un an au Centre de l'Inde. Et quand ils reviendront, ce seront eux qui fabriqueront toutes les orthèses et autres instruments nécessaires. Le tout est maintenant payé par Miblou de Genève.
C'est notre amie de toujours, Daisy Mottier, qui leur a proposé ce projet il y a 13 ans déjà. Daisy s'occupe des handicapés dans le monde entier, soit avec Terre des Hommes, Genève, soit avec Miblou. Elle avait un grand fils, Stéphane, IMC, mais exceptionnellement doué, qui devint, à force de courage, spécialiste en programmation informatique et qui alla jusqu'à sauter d'un avion à l'autre pour participer à des Congrès intercontinentaux. Hélas, il est décédé en mer en juillet 2000, plongeant ses parents dans un océan de douleur, car il était tout pour eux.
On a alors décidé de nommer cet atelier 'Stephane's Orthopaedic Workshop'. Daisy est venue l'inaugurer. Elle avait peine à retenir ses larmes, ressentant notre reconnaissance et l'amitié de tous. Elle voit aussi que les enfants comprennent la valeur de l'amour à travers les peuples. Encore un beau jour et des promesses de lendemain.
Ce qui n'a pas empêché ce mois d'être conclu de façon plutôt sombre, du fait de nos démêlés avec le Député local, de certains partis, de lettres de dénonciation plutôt odieuses, et d'un renouveau de tension à Bélari.
Mais seul compte ce que les gens peuvent partager avec nous. Car hier encore, 25 familles ont reçu, dans le cadre du projet HORP d'emploi par emprunt, la somme nécessaire pour reconduire le petit business qu'elles ont fait tourner pendant l'année, et dont elles ont remboursé plus de 60%. Des sommes petites s'il en est – aucune de plus de 30 €, soit deux-trois mois de salaire – mais qui suffisent à sauver une famille de la famine.
Et j'attends avec impatience et joie le jour de pouvoir rendre visite à Sandhya et Laurent qui viennent d'arriver dans notre région.
Très fraternellement
Gaston DAYANAND
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